Côté philosophique...

 1) Injection létale

Pour la Cour Suprême, la méthode ne constitue pas «un châtiment cruel et inhabituel ». Cette décision ouvre la voie à une reprise des exécutions aux Etats-Unis, suspendues depuis six mois.

 

1-1) Autorisation de la méthode datant de avril 2008

             Revers pour les opposants à la peine de mort aux Etats-Unis. Les injections létales, la méthode la plus utilisée d'exécution, sont conformes à la constitution américaine. La Cour suprême américaine a autorisé en avril 2008 le Kentucky à reprendre les exécutions par cette méthode, suspendues depuis plus de 6 mois dans tout le pays. Les Sages ont rejeté, par 7 voix contre 2, la requête de deux condamnés à mort de cet état de l'est des Etats-Unis qui refusaient d'être exécutés par injection et réclamaient une autre procédure de mise à mort, via une unique injection en surdose de barbituriques. Ce parce que des études scientifiques et une série d'exécutions ratées ont démontré que les exécutions ratées arrivaient, (ce qui provoqua une diminution des exécutions ces dernières années) avant l'arrivée d'un moratoire de fait depuis que la Cour a annoncé qu'elle allait examiner le recours de deux condamnés du Kentucky.

         "Les plaignants n'ont pas prouvé que le risque de souffrance liée à une mauvaise administration d'un protocole d'injection mortelle, de même que le refus d'adopter des alternatives dont l'efficacité n'a pas été démontrée, constitue un châtiment cruel et inhabituel", a expliqué dans son arrêt le président de la Cour, le juge John Roberts. Cependant, cette décision ne coupe pas court à la polémique et la reprise totale de cette méthode dans les 36 Etats où elle avait été suspendue pourrait prendre du temps. Le verdict de la Cour Suprême ne s'applique directement qu'au Kentucky et ce sont les juridictions inférieures qui ont décidé dans quelle mesure la décision s'applique à chacun des Etats où la peine de mort est en vigueur.  Signe que les débats entre magistrats de la Cour Suprême ont été difficiles, le chef de la Cour n'a pas dissimulé ses doutes. Bien qu'il approuve le verdict et le raisonnement juridique, qui y a abouti, il a confié être désormais convaincu, à titre personnel, que la peine capitale, en elle-même, était inconstitutionnelle.

 

1-2) Une violence dissimulée mais toujours présente

           L'exécution par le moyen de la guillotine était un spectacle, chaque personne pouvait aller se rendre sur la place publique et regarder la mort d'autrui. La pendaison n'était pas plus cachée, elle était publique pour que tout le monde puisse voir à quoi ressemblait l'exécution. Plus récemment, la peine de mort par chaise électrique a remplacé la pendaison au tout début du XXème siècle. Le corps était parcouru de secousses, de la fumée sortait fréquement de la tête et une odeur de chair brûlée se dégageait. Elle était aussi rendue publique, les personnes le souhaitant allaient dans la salle où le condamné à mort était exécuté et voyaient cette personne mourir sous leurs yeux. La violence ici n'est pas du tout cachée, au contraire, elle est montrée à la population pour leur faire voir ce qu'ils encourent si ceux-ci menaient à être condamnés. L'injection létale est différente, la mort était donnée à une personnes totalement consciente, ici, le condamné devient inconscient et ne peut plus bouger grâce à une seconde piqûre. Toute la violence qui avait pu être montrée auparavant est totalement masquée, il y a un "aspect humain et indolore de l'exécution par injection létale". Ce moyen d'exécution est surnommée la "mort douce", elle est présentée comme plus humaine, plus efficace et moins coûteuse que les autres mais la moindre erreur laisse le prisonnier lucide de son asphyxie.

Un prisonnier du couloir de la mort a fait le commentaire suivant : «De la pendaison à la chaise électrique puis à l’injection létale, on a cherché à embellir les exécutions. Pourtant, plus elles sont embellies, plus elles deviennent atroces».

L'injection létale a été adoptée par 37 Etats américains, qui la considèrent comme une méthode plus humaine que la chaise électrique, la chambre à gaz ou autres procédés.

Les rédacteurs du journal PLoS Medicine appellent de leur côté dans un éditorial à abolir la peine de mort, estimant qu'il "n'existe aucune façon humaine de tuer quelqu'un par la force".

 

1-3) Des médecins qui ne font pas leur travail et des personnes incompétantes

           Les médecins ne devrait pas participer à une exécution, sauf pour signer le certificat de décès. Si un Etat demande qu'un médecin administre les produits, cela constitue une violation du serment d'Hippocrate : "D'abord, ne pas nuire". Les médecins sont censés soigner leurs patients et non pas les tuer, ce qui va à l'encontre de leur profession. La charte éthique des médecins et autres professionnels de la santé leur interdit de participer à ces exécutions.

           De plus, les injections sont faites par des personnes inexpérimentées dans ce domaine. Ces personnes ne connaissent pas les techniques d'anesthésie et les effets des produits anesthésiants ne sont pas contrôlés avec l'injection du produit paralysant. Ces mêmes personnes ne réalisent pas que chaque personne est différente et que chacune n'a pas besoin de la même dose de produit. Le condamné doit recevoir une dose spécifique en prenant en compte le poids, l'état de santé général, l'état du coeur et des poumons. Un autre problème se pose, l'exécuteur se trouve dans une autre pièce, il ne peut donc pas vérifier si la personne a repris conscience.

 

1-4) Une méthode vue comme inhumaine

           Ce moyen d'exécution peut être considéré comme inhumain, voir ne même pas être admissible pour des animaux. En effet, maintenir de force quelqu'un sur une table en lui injectant des produits chimiques en vue de le rendre totalement inoffenssif pour pouvoir le tuer n'est pas vu comme quelque chose d'humain. De plus, un défenseur de la peine de mort du bureau du Maire de Houston au Texas a déclaré : "qu'elle soit douloureuse ou non, on ne peut la comparer à la souffrance intense ressentie par la victime du condané". Ce qui dénonce le non-vouloir de minimiser la douleur pouvant être commise sur un condamné à mort.

           "Vous n'auriez pas le droit d'utiliser ce protocole pour tuer un cochon à l'Université de Miami sans avoir prouvé au préalable qu'il fonctionnerait comme prévu" a déclaré Teresa Zimmers, une biologiste. En effet, il y a de forts risques que le condamné se réveil pendant la mise à mort, mais cela est caché s'il y a utilisation d'un curarisant, c'est pour cela que l'utilisation en est interdite dans 19 Etats. En complément, l'Association médicale de vétérinaire américaine (AVMA) interdit l'utilisation de curarisant pour l'euthanasie des animaux, pouvons-nous faire subir à un homme ce que l'on ne ferait même pas subir à un animal?

"Aucune équipe scientifique n'a jamais établi le caractère humain de l'injection létale" écrivent les chercheurs.

2) Arriver à l'exécution

2-1) Injustice des exécutions

           Depuis 2002, il est interdit de condamner à mort des personnes retardées mentales dont le QI est inférieur à 70. 44 personnes avec un retard mental auraient été exécutées depuis 1976 et actuellement on estime que 300 condamnés à mort souffrent de retard mental ou de maladies mentales. Ces détenus sont bien souvent incapables de comprendre les raisons de leur condamnation ou de communiquer correctement.

 

           Environ 80% des victimes dans les affaires de meurtres conduisant à la peine capitale, sont de races blanches alors que seulement 50% des victimes de meurtres sont généralement blanches. En 2007 aucune personne blanche n'a été exécutée pour le meurtre d'une personne noire.

 

Personnes exécutées pour des meurtres inter raciaux
Accusés blancs/Victimes noires 15 Accusés noirs/victimes blanches 223

            96% des Etats ayant effectué des études sur l'influence des facteurs raciaux dans la peine de mort montrent qu'il existe des discriminations soit au niveau de la race des victimes, soit au niveau de celle des accusés. En Caroline du Nord et en Californie, des études ont montré que les meurtriers qui ont tué une victime blanche ont 3 fois plus de chance d'être condamnées à mort que ceux qui ont tué des victimes noires et 4 fois plus que ceux qui ont tué des victimes hispaniques.

            Si un noir est tué dans une histoire ayantavoir avec un trafic de drogue, les procureurs n'inculpent souvent pas le prévenu en peine capitale. Si la victime est blanche dans une histoire similaire, les chances sont plus nombreuses que les procureurs donne l'ordre d'une exéction. Les personnes noires ont donc plus de risques d'être condamné à mort et ces risques sont aggravés si la victime est blanche.

            98% des procureurs en chef dans les Etats pratiquant la peine de mort sont de race blanche ; 1% sont de race noire. Les procureurs excluent le plus souvent les "non-blancs" des jurys parce que des noirs pourraient être plus compatissants envers l'accusé. La Cour Suprême des Etats-Unis a affirmé que le choix des jurés ne pouvait pas être fait sur une couleur de peau, mais le problème est là, les procureurs se basent sur ce critère en donnant des raisons soi-disant indépendantes de celle-ci. Un exemple flagrant, un pasteur noir fut exclu d'un jury pour la raison qu'il ait le "pardon trop facile". Les jurys sont donc plus blancs que les communautés dont ils sont issus.

            Les jurys doivent décider si un accusé représente un futur danger pour la société. Cette question fait pencher la balance en faveur des accusés issus de minorités et surtout s'il s'agit d'accusés noirs qui sont confrontés à un jurys blancs. "Le futur danger" met une situation où le jugement d'un juré peut être influencé par son racisme. Des études ont montré que des jurys exclusivement blancs pensent plus facilement qu'un accusé noir "représente un futur danger pour la société".

 

2-2) Pourquoi?

Aux Etats-Unis, les crimes suivants sont passibles de la peine capitale :

  • le meurtre d'un officier de la sécurité publique, d'un pompier ou d'un employé de prison
  • le meurtre lors d'infractions majeures : enlèvement d'enfants, vol avec effraction, vol qualifié, viol, crime d'incendie volontaire.
  • Le meurtre pour rançon
  • Multiples meurtres
  • Meurtre lors d'une évasion de prison
  • Meurtre d'un détenu de prison d'Etat
  • Meurtre d'un enfant de moins de 8 ans


                   Depuis le 19e siècle, la violence reste au niveau politique malgré l'instauration létale, la violence est la même, mais elle est dissimulée. Il n'y a pas de spectacle, comme à l'époque ou la pendaison ou la guillotine était publique. Le comité est restreint : normalement, 3 membres de la famille ont droit d'assister à l'exécution, accompagnés de 5 journalistes. Ces personnes sont celles qui regardent, mais celles qui s'occupent de l'injection sont les suivantes : infirmiers, docteur, gardiens et bourreaux.

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