Peine de mort par injection létale

L'injection létale est une méthode d'éxecution consistant à injecter un ou plusieurs produits à un condamné par voie intraveineuse. Depuis 1982, pas moins d'un millier de personnes ont été exécutées par injection mortelle dans le monde, dont la plupart au Etats-Unis.

 

La Cour Suprême américaine justifie l'injection létale. Après un moratoire de plus de six mois, elle décide; par sept voix contre deux; que les injections létales ne constituent pas un châtiment "cruel" banni par la Constitution. La méthode s'étant répendue en tant que remplacement des électrocutions, des chambres à gaz, des pendaisons ou des pelotons d'exécution. Dans certains cas, des injections létales plus longues que prévu auraient provoqué d'intenses douleurs chez les condamnés. Selon le président de la Cour Suprême, le juge John Roberts, les plaignants n'ont toutefois "pas prouvé que le risque de souffrance lié à une mauvaise administration" violait la Constitution. Il ne suffit pas, d'après lui, qu'une méthode d'exécution puisse "provoquer de la douleur, par accident ou comme conséquence inévitable du processus menant à la mort" pour la rendre inacceptable.

 

 

Quelle est la procédure pour pratiquer une injection létale?

 

                              

                                            Table Matelassée. (il existe de la pub pour la vente de ces tables!)

 

             Le condamné est installé et sanglé sur une table matelassée (voir photo). Dans certains Etats, les tables sont remplacées par des fauteuils, similaires à ceux présents chez les dentistes, pour que le condamné soit plus confortablement installé. Deux cathéters* sont ensuite placés sur son bras, ils serviront à injecter les produits (le second ne sert qu'en cas d'urgence). Le matériel utilisé est stérilisé, car il est possible que le condamné obtienne un sursis même après que les cathéters ont été installés. En général, un ou plusieurs techniciens formés sont chargés d'insérer les cathéters et plusieurs autres de préparer et injecter manuellement les produits dans une pièce séparée, dissimulés par un miroir semi-réfléchissant*. En général, ils sont plusieurs à s'occuper de l'injection des produits pour une question de conscience. Pour les hommes pratiquant les injections, chacun pourra se dire que c'est son coéquipier qui est responsable de la mort du condamné, cela fait aussi référence au concept de la balle blanche chez les américains.

 

 

 Quels sont les produits administrés?

 

            Cette méthode d'exécution se déroule par l'administration de trois injections différentes. La procédure complète peut durer jusqu'à 45 minutes. A compter de la première injection, le condamné meurt généralement en moins de 7 minutes. Après l'exécution, le cadavre du prisonnier reste dans les murs de la prison, administrativement déposé dans un cimetière où l'on autorise depuis peu l'inscription du nom des prisonniers sur une simple croix blanche, à côté de leur numéro de matricule.

            Cependant, de nombreux accidents arrivent fréquemment. Dès la première injection, certains détenus ont manifesté de violentes réactions, probablement dues au dosage du produit. Contorsions, convulsions; certains témoins se sont évanouis tandis que le personnel pénitentiaire tirait les rideaux pour les empêcher de voir la suite... Pour éviter de pareilles réactions, désormais, à titre préventif, on administre un anti-histaminique au condamné, avant la première injection.

 

 

Les trois injections :

Le médecin provoque un coma médicamenteux présentant un double avantage : il assure, d'abord, l'amnésie (le malade ne garde aucun souvenir de la violence de l'acte chirurgical) il protège, ensuite, le cerveau en diminuant ses besoins en oxygène.

- La première injection est du thiopental sodique (2g, tandis qu'en général, la dose administrée est de 3 à 5mg/kg) C'est un barbiturique* d'action brève utilisé pour induire l'anesthésie* avant l'injection d'autres produits anesthésiques en France et dans beaucoup de pays aux systèmes de santé modernisés. Il déprime le système nerveux central* (mise en veille du cerveau) entraîne une hypotonie musculaire* (ralentissement des mouvements) et provoque une dépression respiratoire* (ralentissement des mouvements respiratoires). Cette première drogue est censée détendre le détenu et le plonger dans un état d'inconscience, le temps que les deux autres produits fassent effet. Parfois dosée de manière excessive, son effet s'en trouve annulé. Le détenu est peut-être abruti, mais il reste parfaitement conscient. De plus on sait que lorsque le goutte à goutte défile trop vite, le produit brûle les veines. L'injection massive de ce produit doit être insoutenable. De plus, si la dose est supérieurseà ce que l'on prescrit habituellement, la perte de conscience n'est pas maintenue au cours de l'exécution par une perfusion continue comme c'est le cas au bloc opératoire.

 

- La seconde injection sera du bromure de pancuronium, qui est destinée à paralyser les muscles en 3 à 5 minutes après une injection intraveineuse. Ce produit n'est pas nécessaire pour que l'exécution soit effective, il sert juste à rendre la mort plus digne pour le condamné et les témoins en évitant qu'il ne bouge dans son inconscience. Le pancuronium est un curare non dépolarisant (à la base, c'est un poison violent extrait de plantes tropicales, qui était utilisé par les Indiens d'Amazonie pour paralyser leur proies, son entrée est fracassante dans le domaine médical depuis maintenant 50ans.) de la famille des aminostéroïdes*, commercialisé sous forme de bromure de pancuronium (Pavulon ®). Il est utilisé pour une anésthésie générale.

 

- Enfin, la troisième et dernière injection est du chlorure de potassium, qui provoque un arrêt cardiaque. L'administration en intraveineuse d'une solution excessive de KCl provoque un arrêt cardiaque. Ce produit est aussi utilisé pour les interruptions médicales de grossesses, car une injection intracardiaque dans le foetus met fin à sa vie.

 

 

 

          Ces injections sont chacune suivies par l'injection d'une solution saline pour éviter les mélanges. Le déroulement de ces trois injections a été durant une certaine période entièrement automatisé au moyen d'un engin, mais la fiabilité douteuse de l'équipement a entraîné son abandon progressif au profit de l'injection manuelle, réputée plus sûre (l'Illinois n'a toutefois pas abandonné ces machines). De plus, il arrive dans certains cas que des problèmes de dosage surviennent. La personne chargée des injections est alors obligée de recommencer depuis le début. La mort du condamné survient généralement aux alentours de 7 minutes. Le délai moyen entre la première injection et le décès est de environ huit minutes quatre d'après un article de journal de 2006, Le Lancet.

 

 

Les risques :

 

L'injection létale n'est cependant pas sûre à 100%. Effectivement, une recherche a montré que sur les 49 corps de détenus autopsiés, 43 n’avaient pas assez de sodium de thiopental pour provoquer l’inconscience. Sans cet anesthésiant, le condamné est donc asphyxié, ressent des brûlures et des crampes musculaires jusqu’à son décès par arrêt cardiaque.

Plusieurs heures après l’exécution, la concentration de drogue dans le sang peut varier allant de simples traces à des valeurs allant jusqu’à 370 mg/l (valeur médiane : 15,5 mg/l), cependant, le risque est présent.

Ces  grandes variations sont expliquées par de probables fautes techniques dans la préparation des produits ou dans le mode d’injection par des personnels pénitentiaires non qualifiés. Les injections sont faites par des personnes non-formées aux techniques d'anesthésie et les effets des produits anesthésiants ne sont pas médicalement vérifiés avant l'administration du pancuronium bromure qui entraîne la paralysie, puis le chlorure de potassium qui provoque l’arrêt cardiaque. Des difficultés techniques (impossibilité de poser une voie veineuse dans un délai raisonnable ou interruption de la perfusion) conduisent de fait assez souvent à des incidents avec prolongation de la durée de l’exécution au delà d’une demi-heure ou à une agitation inhabituelle du condamné après la première injection.

A la suite d’une étude, il est apparu qu’en général une dose de 2g de thiopental est utilisée et, qu’en raison de cette forte concentration, aucune procédure n’est prévue pour s’assurer de la profondeur de l’anesthésie et de la perte de conscience avant l’injection de curare. Si la dose de thiopental est bien supérieure à ce que l’on prescrit habituellement pour une injection anesthésique (3 à 5 mg/kg), la perte de conscience n’est pas maintenue au cours de l’exécution par une perfusion continue (de 1 à 1,5 mg/kg) comme c’est le cas au bloc opératoire. Or le délai moyen entre la première injection et le décès est de huit minutes quatre. Ainsi, la dose totale de thiopental est en réalité faible et peut même être insuffisante si l’exécution s’éternise. Les condamnés sont dans un état hyper adrénergique provoqué par le stress lors de l’injection, ce qui pourrait induire une augmentation des besoins en anesthésiques pour obtenir une perte de conscience suffisamment profonde. Enfin, de nombreux condamnés sont toxicomanes, ce qui peut également induire une tolérance relative aux hypnotiques.

Le condamné à mort peut donc paraître serein pendant son exécution mais celui-ci ne peut pas communiquer si il a des sensation de brulûre intense dans les veines où le potassium s'écoule. Le condamné peut donc souffrir atrocement tout en suffoquant lentement et cela sans rien laisser transparaitre.

C'est pour cela que l'utilisation de curarisants, qui masquent un éventuel réveil, est interdite dans 19 Etats.

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